dimanche 5 juillet 2020

Châteaux de sable - Charles Mohtashami 🏰


Résumé :


Guiv, étudiant en droit d'origine iranienne, est tiraillé entre sa passion pour Karina, une étudiante colombienne engagée, et son dévouement pour son père dont il vient d'apprendre qu'il a la maladie d'Alzheimer. Il s'empêtre dans des choix qui risquent de lui faire perdre et l'un et l'autre.

Mon avis :


Tout d'abord, un grand merci aux éditions l'Harmattan pour ce partenariat. Je suis désolée pour le retard de publication. Je devais lire ce livre pendant le confinement mais je n'étais pas dans la même ville que mon livre. 

J'ai attaqué ce roman avec une légère boule au ventre, celle qui vous dit que ce livre va vous travailler. J'avais peur qu'il réveille un vécu douloureux. Il n'en fut rien. Au final, il en est même très loin et j'ai apprécié ma lecture. Je l'ai dévoré dans la journée avec deux voyages en train plus un métro. 

Nous découvrons Guiv, étudiant en droit, d'origine iranienne. Il est fou amoureux de Karina, une colombienne un peu excessive selon moi. En effet, ses crises m'ont un peu fatiguée. Cependant, Guiv est heureux avec elle, malgré ses excès que j'ai personnellement trouvés insupportables. 

Au tout début du roman, le père de Guiv disparaît avant de refaire surface à Aix-en-Provence, sans aucun souvenir de ce qui lui est arrivé. C'est là qu'on découvre que son père est malade. Je n'ai pas compris pourquoi sa mère et son frère le savaient mais pas Guiv. Je trouve quand même les relations de cette famille très bizarres. 

Guiv décide d'arrêter ses études, ou tout du moins de ne plus aller en cours, afin de s'occuper de son père à temps plein. Il refuse de le mettre dans une institution et porte donc le lourd fardeau de s'occuper de cet homme désorienté. 
Le quotidien de ces deux personnages est bien décrit, et plus d'une fois j'ai eu les larmes aux yeux devant la dureté des scènes décrites par Charles Mohtashami. On sent qu'il connaît bien son sujet. 

Il y a plusieurs histoires qui s'entremêlent et par moment, je ne savais plus où donner de la tête. Cependant, cela crée un vrai rythme et cela fait un bien fou de lire un roman que l'on n'a pas envie de poser. 
J'ai aimé les personnages secondaires qui gravitent autour de Guiv. Les personnages féminins sont bien travaillés et même si Karina et Claire sont totalement dingues, je me suis énormément attachée à Louise et sa petite fille.
J'ai aimé l'intrigue qui se déroule en Colombie également, c'était prenant même si c'était assez loin et narré avec une certaine distance. Ce n'étaient que des moments forts !

Un extrait m'a fortement interpellée et je ne peux pas ne pas l'évoquer : 
" - Ma chérie, parle doucement sinon tu vas réveiller mon père.
Karina répondit, indifférente :
- Ton père, toujours ton père ! Ce pauvre qui ne comprend rien. Vous, les gens du Moyen-Orient, vous êtes trop engagés et sentimentaux."
Est-ce que c'est parce qu'il est iranien qu'il s'occupe de son père ? Je ne suis pas du tout d'accord. Je le ferais aussi pour mes parents. Je pense que Karina confond sentimentalité et devoir. Les gens du Moyen Orient agissent énormément par devoir familial bien plus que par sentiment.
Ce petit détail mis à part, j'ai adoré ce livre. J'ai aimé la dévotion de Guiv, que ce soit envers son père, envers Karina, envers Louise ou même son travail. Je l'ai trouvé fort, et digne et cela malgré tout ce qu'il traverse. 
J'ai apprécié le style de l'auteur également qui est très fluide. Ce livre n'est pas un coup de coeur, néanmoins c'est une très belle découverte ! 

Et vous, connaissez vous ce roman ? L'avez-vous lu ? Vous tente-t-il ? Dîtes moi tout en commentaire. 

Je vous retrouve très vite ☘️

lundi 29 juin 2020

L'envol du papillon - Nadine Deconinck-Cableduc 🦋

Titre : L'envol du papillon 🦋
Autrice : Nadine Deconinck-Cabelduc
Editions So Romance
276 pages
Parution : 13 mars 2020

Résumé :

En 1847, à l’aube d'une révolution en France et de l'abolition de l'esclavage dans les colonies, la jeune Elisa d'Albret, élevée par un père anticonformiste et une mère non issue de la noblesse française, se voit contrainte par ses parents, de s'exiler en France pendant un an, afin de faire la connaissance de sa famille paternelle. D'un caractère fier et indépendant, elle se lie d'affection avec sa cousine, la charmante Mathilde, promise au séduisant Alexandre de Noyal, dont Elisa ne tarde pas à tomber amoureuse.

Mon avis : 


Tout d'abord, merci aux éditions So Romance pour ce partenariat. Je ne connaissais pas cette maison d'édition mais j'ai craqué pour la couverture. Elle est particulièrement sublime et raffinée. Mais le contenu n'a absolument rien à lui envier. En effet, cette lecture est un total coup de coeur. 
Déjà, je lis rarement des livres qui se passent à cette période de l'histoire. J'avoue honteusement que je ne sais rien des années 1830/1850 en France. Je peux vous conter l'histoire de l'Angleterre ou de l'Irlande ainsi que celle des Etats-Unis d'Amérique mais pas celle de mon propre pays... 

J'ai aimé plonger dans cette aristocratie française du dix-neuvième siècle et découvrir comment fonctionnait cet univers. Dans ce livre, nous suivons principalement trois familles : les de Noyal, les d'Albret ainsi que les de Bressac. Les destins de ces trois maisonnées sont entremêlés avec brio par la plume de Nadine Deconinck-Cabelduc qui signe là un vrai trésor. L'écriture de l'autrice fait de ce roman un réel page-turner.

Au début du récit, nous découvrons Charles d'Albret qui rentre d'Italie, après un long voyage. Il revient marié à une italienne qui était la femme de chambre des gens chez qui il séjournait. De retour en France, il subit les jugements et railleries de la bonne société qui ne manque pas de critiquer son épouse. Les femmes la jalousent, les hommes la contemplent et pourtant, Charles d'Albret est traité comme un pestiféré. Le comte de Noyal le méprise, il n'a qu'un but dans la vie : unir sa famille à celle de son meilleur ami, le comte de Bessac. Seul le jeune Alexandre de Noyal semble en admiration devant cet homme érudit. Les d'Albret fuient ce monde intransigeant pour la Guadeloupe où Charles possède une plantation. 

C'est dix-sept ans plus tard que nous découvrons Elisa, la fille des d'Albret qui a grandi heureuse, loin de toute cette aristocratie. Elle s'épanouit aux côtés de Donatien, le petit fils de sa nourrice, de quelques années son aîné. 

Les personnages sont tous très bien travaillés. Je me suis vite attachée à Elisa. Cette jeune femme fait fi des convenances et parle avec son coeur malgré ses origines bourgeoises. Son père ne l'a absolument pas élevée comme telle. C'est pourquoi, lorsque ses parents l'envoient en France, son monde s'écroule. Elle va rejoindre la famille de son père alors qu'ils ont toujours critiqué sa mère. Mais son franc parler l'aidera à se faire une place dans ce monde qu'elle exècre. Elisa est quelqu'un de profondément bon, qui n'hésite pas à se sacrifier pour faire plaisir aux siens et aux gens qui comptent pour elle. 
Le personnage de Mathilde de Bressac m'a profondément agacée à plus d'une reprise. C'est le cliché parfait de la petite peste bourgeoise qui ne pense qu'aux bals et à plaire. J'ai eu envie de la gifler une fois ou deux. Au fond, tout ce qu'elle veut, c'est être heureuse mais être détestable n'est probablement pas la solution. La tante et les cousins d'Elisa sont très antipathiques au début du roman même si j'ai fini par m'attacher à Paul. Alexandre de Noyal est un personnage fort intriguant, un peu perdu. Nous le découvrons petit garçon malheureux sous la pression de son père et nous le retrouvons homme borné pour échapper à la pression de ce même père et au destin qu'il a choisi à sa place. Cependant, j'ai aimé son évolution au fil des chapitres. 
Alors, on se doute dès le début ce qui va se passer, en même temps, c'est une romance donc il est logique qu'il y ait une histoire d'amour. Quelques petites choses m'ont dérangée quand même. Notamment le pseudo triangle amoureux, léger certes. Mais le pauvre Donatien que l'on rencontre transi d'amour m'a fait de la peine. Selon moi, ce n'était pas nécessaire. Moi je le trouvais attachant et je n'aime pas voir les personnages que j'aime souffrir ou être malheureux. C'est le moment où ma mère me dirait que ce n'est qu'un roman et que je m'implique trop. Mais on ne se refait pas ! 
Il n'y a pas que les personnages de bien travaillés, les relations qui les lient sont également brillamment développées. J'ai adoré assister à ces tissages d'amitiés et d'histoires d'amour.

Du côté historique, en sus de l'aristocratie française, Nadine Deconinck-Cabelduc nous entraîne dans l'histoire de l'esclavage. Je pense que c'est la première fois depuis Deux graines de cacao d'Evelyn Brissou-Pellen que je lis un roman qui se passe à cette période, ou devrais-je dire qui traite de ce sujet. Voir comment les gens en Guadeloupe traitaient leurs esclaves m'a énervée et je pense que, à l'instar d'Elisa, j'aurais aussi réagi à cette immonde maltraitance de l'être humain. Même en métropole c'est présent.Il y a plus d'un débat entre nos trois familles à ce sujet au cours du livre.

Je ne peux pas vous en dire trop, afin de ne pas vous gâcher la lecture, mais vous l'aurez compris ce livre est un véritable coup de coeur et je ne peux que vous le conseiller, que vous aimiez la romance ou les romans historiques, ce roman vous transportera de plages en bals avec bonheur.

N'hésitez pas à me dire si vous l'avez lu ou si il vous intéresse en commentaire, je serai ravie d'en parler avec vous plus en détail. 


A très vite 🦋

mardi 23 juin 2020

Une agate rouge sang - Frédérick Maurès 🚴‍♂️

Titre : Une agate rouge sang
Autrice : Frédérick Maurès
Editions ELP
148 pages
Parution : 28 novembre 2019

Résumé :


Dans un petit village, quelque part en France, Marie-Louise, une vieille dame presque centenaire, disparaît en léguant à celui qui s’occupe de son jardin, Mathieu Lambert, un appartement qu’elle possédait à Paris et qui est demeuré inoccupé depuis 1943.

Mathieu ne sait pas pourquoi il a hérité ce bien et va découvrir petit à petit les composantes du passé de sa bienfaitrice et, par voie de conséquence, de son propre passé.

Construit à partir d’une succession d’allers-retours dans le temps, à différentes dates clés du passé, Une agate rouge sang tient le lecteur en haleine du début à la fin en lui permettant de démêler progressivement le fil de l’intrigue, chaque chapitre apportant une pièce supplémentaire à la reconstitution du puzzle.

Mon avis : 

Tout d'abord, merci à Frédérick Maurès pour l'envoi de ce livre. Vous commencez à me connaître, je n'ai pas su résister quand j'ai vu 1943 dans le résumé. On ne se refait pas. 
Je dois avouer qu'au début de ma lecture, je n'étais absolument pas emballée. En effet, le livre commence par la table des matières. Déjà je trouve, que c'est un gros risque de spoiler avec les titres de chapitres. Ici, ce n'était pas le cas car les chapitres n'étaient pas des titres à proprement parler. Chaque chapitre commençait par des dates. Et c'est le détail qui m'a fait commencer ma lecture avec une certaine appréhension. Il y avait beaucoup de dates : 2017, 1968, 1957, 1989, 1951, etc... J'avais vraiment peur d'être perdue. C'est pourquoi j'avais un peu de mal à me plonger dans ce roman. En plus, le titre est écrit avec une faute dans la table des matières : Une agate rouge sans. Clairement, cela m'a freinée. Je veux bien que ce soit auto édité mais quand même, on se relit ! Je pensais trouver un livre truffé de fautes, mais il n'en est rien ! J'ai même beaucoup apprécié ma lecture. Ce n'est pas un coup de coeur mais c'est une très belle découverte. 

Au début du roman, nous rencontrons Mathieu qui a perdu Marie-Louise, une vieille dame de son village. Il se retrouve à hériter d'un appartement dans Paris, inoccupé depuis le milieu de la seconde guerre mondiale. J'ai adoré les moments écrits en période de guerre. Ce sont, sans nul doute, les passages que j'ai préférés dans ce livre. Je suis toujours en admiration devant les actes de résistance, quels qu'ils soient. Cette période a du être affreuse à vivre et j'espère que j'aurais eu ce courage. J'ai beaucoup apprécié cette alternance qui, au début, me laissait sceptique. J'ai aimé découvrir Marie-Louise pendant la guerre, comme Mathieu adolescent et Mathieu aujourd'hui. J'ai aimé cette évolution des personnages que nous offre l'auteur.

J'ai été totalement bluffée par certains évènements, je ne peux bien sûr pas vous expliquer en détails afin de vous laisser découvrir ça par vous-même, mais si vous aimez les romans qui parlent de guerre, de résistance, vous ne pourrez que passer un excellent moment avec ce court livre. Il fait 131 pages, c'est peu et son rythme n'autorise pas l'ennui. Les chapitres sont courts, ce qui a pour résultat un certain dynamisme qui ne fut pas pour me déplaire. 

Je ne peux que vous recommander ce roman, j'ai passé un très agréable moment avec cette ribambelle de personnages.